On ne fête pas la mort d'un homme dans le vin.

  On ne fête pas la mort d'un homme dans le vin.


Non. Je ne manque nulle part, je ne laisse pas de vide. Les métros sont bondés, les restaurants comblés, les têtes bourrées à craquer de petits soucis. J'ai glissé hors du monde et il est resté plein. Comme un œuf. Il faut croire que je n'étais pas indispensable. J'aurais voulu être indispensable. A quelque chose ou à quelqu'un. A propos, je t'aimais. Je te le dis à présent parce que ça n'a plus d'importance.


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# Posté le jeudi 26 novembre 2009 15:05


J'aurais aimé être blonde et jouer du violon. J'aurais aimé être une Ophélie, une Juliette, une Antigone. J'aurais voulu être celle pour qui tu écris tes poèmes torturés. J'aurais voulu qu'tu te réveilles avant moi juste pour me regarder dormir, ouvrir les yeux et te voir au dessus de moi en train de sourire. J'aurais voulu qu'tu me glorifies, que tu m'écrives, que tu me peignes, que tu me sculptes, que tu me joues, que tu me chantes et que tu le fasses contre ton gré, pas par envie, juste par besoin... Par besoin. J'aurais voulu que tu m'aimes... Que tu m'aimes, putain.



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# Posté le mercredi 25 novembre 2009 14:23

Modifié le mercredi 25 novembre 2009 14:38

Rupture. Acte deux. Scène finale.

Rupture. Acte deux. Scène finale.


Peut-être qu'on n'aime qu'une fois, peut-être que ça ne se recharge pas.





Je l'aimais avec mes doutes, mon désespoir. Je l'aimais depuis le plus sombre de moi-même, au coeur de mes lignes de failles, dans la pulsation de mes propres blessures.








Song.
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# Posté le mardi 24 novembre 2009 13:23

Modifié le mardi 24 novembre 2009 13:48

Tout ceci n'est qu'un jeu.

Jules est le plus beau des jeunes hommes. & moi je suis devenue vieille. Mais pas aigrie. Juste vieille. Mais bon je me soigne. En pleine force de l'âge, comme ils disent. Il ramène toujours ses copains à la maison. Pour me prouver que je peux encore plaire, j'les drague. Juste un peu hein, rien de méchant. Ils rentrent dans mon jeu & j'adore ça. A travers leurs jeux d'alcool, je me revois à leur âge. A abuser de la vie & de ses délices. A jouer de mon charme & à me moquer des garçons. A critiquer & à adorer détester. Au moins, il ne ramène pas de filles. La concurrence est mon amie, peut-être parce que nous sommes vendredi 13. Jules a voulu tenter la fac' de droit. Il a des rêves d'avocat. De gloire & de sexe, oui. C'est un beau parleur, il est encore parvenu à grapiller à sa vieille maman une augmentation sur son argent de poche. C'est provisoire m'man, & j'te rembourserai promis! Je ne peux rien lui dire. Rien lui reprocher. J'étais exactement pareille à son âge. & je suis en admiration devant lui, il soutire ce qu'il veut de moi. Il ne sait pas que je sais qu'il sait. A bon entendeur.

Lou, quant à lui, a ramené sa petite amie en rentrant du lycée. J'ai grimacé, mais l'ai tout de même embrassée. Elle est rousse.
& elle a mangé toutes mes gaufres belges.

Eliott, lui aussi, est amoureux. Je l'ai pris sur mes genoux. Ses boucles dans mon nez, j'ai éternué. & j'ai ri. & je l'aime. Je lui ai parlé d'amour. Il m'a dit que j'étais la seule fille qu'il aimait. Je l'ai embrassé. Mon fils ira loin.

Rose veut se maquiller. Je la prends pour ma poupée. Quand je fais les Soldes, je lui achète plus de robes que je ne trouve de sous-vêtements, mon péché mignon, tout de même. C'est niais, je sais. Mais ça m'amuse. Je lui ai dit qu'elle était encore trop petite, mais sa palette de maquillage l'attend depuis déjà un demi siècle dans mon armoire. Entre ses dents de lait & ses premières chaussettes.

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# Posté le vendredi 13 novembre 2009 16:16



Tu me manques ...



# Posté le vendredi 13 novembre 2009 12:20

Je te veux.

Je te veux.

C'est difficile en ce moment pour moi. Tu sais, il y a des gens pour qui se relever demande plus de temps que pour d'autres. Je suis sans cesse affalée sur mon lit, j'enroule mon corps dans ma couette de deux mètres, & je réfléchis. Je pense. Je pourrai rester des heures comme ça. Je suis déjà restée des heures comme ça. J'en ai rien à foutre des autres. Il n'y a que toi qui m'intéresse. Je raisonne comme la petite fille gâtée à qui rien n'a jamais résisté.
J'ai besoin de tes mains sur mon corps & dans mes cheveux, pour redevenir la petite fille dure à cuire qui n'a peur de rien. De tes bras, où je pourrai me blottir indéfiniment, san avoir de comptes à rendre à personne. Tes yeux me manquent. Tes lèvres, que je veux mordre. Je me demande encore pourquoi je meurs de toi. Je défaillis lorsque tu brandis ton flingue & le pointe sur cet organe dont la pointe chatouille mon poumon gauche. Tout est salement romantique entre nous. Je ne compte même plus les morts qu'on laisse derrière nous. On marche ensemble d'un pas décidé, même si nos têtes nous hurlent de tout arrêter.
J'ai besoin que tu existes.

# Posté le dimanche 01 novembre 2009 17:15

Je me prénomme Octave et m'habille chez APC. Je suis publicitaire : eh oui, je pollue l'univers. Je suis le type qui vous vend de la merde. Qui vous fait rêver de ces choses que vous n'aurez jamais. Ciel toujours bleu, nanas jamais moches, un bonheur parfait, retouché sur PhotoShop. Images léchées, musiques dans le vent. Quand, à force d'économies, vous réussirez à vous payer la bagnole de vos rêves, celle que j'ai shootée dans ma dernière campagne, je l'aurai déjà démodée. J'ai trois Vogues d'avance, et m'arrange toujours pour que vous soyez frustré. Le Glamour, c'est le pays où l'on n'arrive jamais. Je vous drogue à la nouveauté, et l'avantage avec la nouveauté, c'est qu'elle ne reste jamais neuve. Il y a toujours une nouvelle nouveauté pour faire vieillir la précédente. Vous faire baver, tel est mon sacerdoce. Dans ma profession, personne ne souhaite votre bonheur, parce que les gens heureux ne consomment pas.

# Posté le samedi 31 octobre 2009 07:07